

« Freedom, I’ve been waiting for you / Everything’s changed now » [librement : Liberté, je t’attendais / tout a changé maintenant], chante Kesha dans la première moitié ambiante de « FREEDOM. », qui ouvre son sixième album studio, . (prononcé « period »). Alors que la chanson se transforme en une célébration disco extatique, celles et ceux qui connaissent bien le répertoire de l’autrice-compositrice-interprète reconnaîtront immédiatement sa signature. Et quand on pense aux épreuves qu’elle a traversées pour en arriver à cette sortie — sa première en tant qu’artiste indépendante —, on comprend que, malgré ses paroles, son pouvoir quasi surnaturel de créer une pop parfaite, lui, demeure intact. On retrouve toujours, par exemple, ce mélange de chant et de rap, ainsi qu’un hédonisme assumé — des éléments clés de l’ADN sonore de Kesha — notamment sur la pièce effrénée « JOYRIDE. » ou sur le débit rapide et enjôleur de « BOY CRAZY. ». Cette fois, le tout est actualisé par une production signée Kesha elle-même, épaulée par des figures bien ancrées dans l’air du temps comme NOVA WAV (Beyoncé, Ariana Grande) et Zhone (Charli xcx). S’y ajoutent des thèmes spirituels et une intonation vocale bien marquée, hérités de son enfance à Nashville, qui imprègnent ses chansons d’une touche d’americana brute — comme en témoignent « CATHEDRAL. » et « YIPPEE-KI-YAY. ». Et si de nouvelles couleurs s’ajoutent au kaléidoscope de Kesha — des rythmes house impeccables sur « LOVE FOREVER. » ou la pop électro plus posée de « TOO HARD. » — les fils conducteurs entre son passé et son présent montrent clairement que Kesha a toujours été l’architecte de son propre succès. Avec « FREEDOM. » , elle peut enfin s’en attribuer tout le mérite.