

La pochette de la quatrième offrande de Hailey Whitters est d’un kitsch assumé : on y voit un buste d’elle, minutieusement sculpté dans du beurre. L’image encapsule le style de musique de l’autrice-compositrice-interprète louangée par la critique, qui filtre un travail d’orfèvre à travers un prisme champ gauche, souvent ludique. Produit par son collaborateur de longue date et mari Jake Gear, Corn Queen est une collection percutante de country sans fioritures magnifié de touches pop et bluegrass. L’album s’ouvre avec « High on the Hog », un hymne initiatique twangy et savoureux, plus décontracté et insouciant que le portrait de persévérance brossé dans « Ten Year Town », pièce phare de The Dream (2020). Parmi les temps forts de Corn Queen, on trouve « High on a Heartbreak », dont la production vaporeuse et la mélodie accrocheuse évoquent l’ère Golden Hour de Kacey Musgraves. On note également « Casseroles », un récit déchirant sur le deuil, quand « les plats ne sont plus déposés sur la table » [« the casseroles stop comin’ »]. Whitters s’entoure d’artistes de talent, dont la virtuose de la guitare bluegrass Molly Tuttle sur l’énergique « Prodigal Daughter », aux accents roots. L’auteur-compositeur-interprète acclamé Charles Wesley Godwin l’accompagne sur « I Don’t Want You », un duo tout en finesse sur une relation impossible à faire durer, mais qu’on n’arrive pas à lâcher. En conclusion, elle s’associe au groupe country rock texan The Wilder Blue sur « DanceMor », une pièce remplie d’espoir qui nous rappelle de ne pas baisser les bras face à l’adversité.