R&B

À propos

À la fin des années 50, Ray Charles ou Sam Cooke mêlent les structures harmoniques du gospel et du blues à des thèmes profanes. Ils détournent l’éloge de l’amour divin vers celui d’un amour bien plus… terrestre et charnel. C’est le scandale ! C’est aussi l’époque des mouvements de reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains. La soul porte leur voix. Deux labels dominent la montée de la soul durant les années 60. La Northern soul, plutôt sage et dansante, est soutenue par la Motown, créée à Détroit. On y écoute notamment Marvin Gaye, Stevie Wonder ou The Four Tops. La Southern soul, plus brute et déjantée, est signée chez Stax, à Memphis. En tête du mouvement, on trouve Otis Redding, Isaac Hayes ou encore Eddie Floyd. La soul donne par la suite naissance au funk, puis plus tard au hip-hop par le biais des samples. Le funk dévie vers la pop, la soul vers le disco, et le son brut du rhythm & blues se polit. C’est la naissance du R&B contemporain, au début des années 80. Prince ou Rick James mixent habilement synthétiseurs, rythmes disco et sonorités funk. L’influence de la pop, via Michael Jackson notamment, en fait l’un des styles majeurs des années à venir.Apparaît à la fin des années 80 le new jack swing, cher à Teddy Riley : les attitudes et les rythmes hip-hop s’accompagnent de voix aux accents gospel et soul. Des ballades de Mariah Carey ou R. Kelly à la neo soul de D’Angelo, le R&B moderne rencontre un succès commercial immense durant les années 90 et 2000. Habitués aux sommets des charts, Rihanna, Beyoncé ou Justin Timberlake construisent désormais leur réussite en empruntant au R&B. Une influence que l’on retrouve également chez de nombreux artistes français, de Shy’M à M. Pokora.