16 Morceaux, 1 heure 3 minutes

NOTES DES ÉDITEURS

« Je pense qu’on avait tous besoin d’une pause et d’oublier la musique pendant quelque temps » confie Matt Berninger, le leader de The National, à Apple Music en évoquant l’état d’esprit du groupe après la tournée qui a suivi la sortie en 2017 de Sleep Well Beast, récompensé d’un GRAMMY. « On était tous éreintés et personne n’avait envie de se replonger dans l’enregistrement d’un album. Et puis, Mike Mills est venu avec une idée qui a fini par nous emballer. » Mills, qui a écrit et réalisé 20th Century Women, nommé aux Oscars — à ne pas confondre avec son homonyme, l’ancien bassiste de R.E.M. —, a d’abord contacté Berninger pour lui proposer de tourner un clip pour le groupe. Avec le temps, le projet a pris une toute autre ampleur : le réalisateur a fait des titres qui n’ont pas pu figurer sur Sleep Well Beast le point de départ d’un court métrage.


Dans ce film, également intitulé I Am Easy to Find, l’actrice oscarisée Alicia Vikander incarne une femme dont on ne connaîtra jamais le nom. De sa naissance jusqu’à sa mort, sa vie est racontée dans un enchaînement de saynètes sous-titrées et filmées dans un noir et blanc aux nuances prononcées, le tout accompagné par les titres poignants de The National. À leur tour, ces sous-titres ont inspiré de nouvelles chansons et encouragé le groupe à passer directement de la tournée à l’enregistrement d’un nouvel album plutôt que d’aller se dorer au soleil. « Nous avons jeté toute notre inspiration en termes d’arrangements, de paroles et d’émotions dans une même marmite », explique Berninger. « On savait qu’il y allait avoir un film de 25 minutes et un album, mais sans que l’un ne puisse épauler l’autre. »


Alors que le film dresse essentiellement le panorama d’une existence, l’album est quant à lui le plus personnel et le plus accessible de The National. Ne vous fiez pas aux photos de presse où l’on voit cinq musiciens : si le groupe est devenu de plus en plus collaboratif et tentaculaire au cours de ses 20 ans de carrière, jamais The National n’avait nourri son univers cinématographique d’autant d’influences. Si Berninger en reste le chanteur attitré et le pilier, il n’est jamais seul interprète sur ces 16 titres, dont il laisse les moments les plus intenses à un éventail de voix féminines allant de Gail Ann Dorsey (qui a fait partie du groupe de David Bowie) à Sharon Van Etten en passant par Kate Stables de This Is the Kit, Lisa Hannigan, Mina Tindle, ou encore le Brooklyn Youth Chorus. L’épouse de Matt Berninger, Carin Besser, qui écrit pour The National depuis des années, s’est particulièrement impliquée sur cet album. Mills lui-même est à la production, assemblant, sous l’œil bienveillant du groupe, des bouts de chansons pour en faire une mosaïque suivant les besoins du film, et ce bien qu’il n’ait aucune expérience en la matière.


Malgré la segmentation des rôles, on retrouve l’essence de The National, comme en attestent les rythmes bondissants, l’opulence orchestrale et les mélodies euphoriques, chatoyantes, explosives ou élégiaques. Cet album est également une réflexion sur l’identité, le fait d’être tour à tour présent, en colère et égaré à une époque si tumultueuse, le tout porté par un patchwork foisonnant de voix et d’inspirations. « On renverse les vieux paradigmes et les vieilles habitudes », observe Berninger. « Les femmes n’en peuvent plus de voir comment on les représente, de la manière dont on parle d’elles. Les enfants se révoltent contre les cases dans lesquelles on les enferme. C’est extraordinaire. Je suis resté bien sagement dans ma case jusqu’à mes trente ans. »


L’album est une longue berceuse lancinante, une ambiance qu’on retrouve tout particulièrement sur la chanson-titre, « Hairpin Turns », ou sur « Light Years », ainsi que sur « Not in Kansas », un hymne de sept minutes à la logorrhée vaporeuse. Ce côté solennel donne aux moments plus cadencés un sentiment d’urgence, comme c’est le cas sur « Where Is Her Head », « Rylan » (délibérément non genré) ou le morceau d’ouverture, le palpitant « You Had Your Soul with You ».


Ce casting élargi peut paraître déstabilisant de prime abord, mais ce flou n’est pas là par hasard : c’est une façon de rendre la musique et la vision du groupe plus universelles, en invitant d’autres musiciens et un réalisateur de cinéma. « On a mis en bouteille ce chaos brumeux, ce qui permet de prendre ses distances et de l’apprivoiser à travers le regard d’autres artistes », résume Berninger. « Il y a d’autres personnes au cœur du chaos avec moi, qui apportent leur part de lumière. Je ne suis pas tout seul. »

NOTES DES ÉDITEURS

« Je pense qu’on avait tous besoin d’une pause et d’oublier la musique pendant quelque temps » confie Matt Berninger, le leader de The National, à Apple Music en évoquant l’état d’esprit du groupe après la tournée qui a suivi la sortie en 2017 de Sleep Well Beast, récompensé d’un GRAMMY. « On était tous éreintés et personne n’avait envie de se replonger dans l’enregistrement d’un album. Et puis, Mike Mills est venu avec une idée qui a fini par nous emballer. » Mills, qui a écrit et réalisé 20th Century Women, nommé aux Oscars — à ne pas confondre avec son homonyme, l’ancien bassiste de R.E.M. —, a d’abord contacté Berninger pour lui proposer de tourner un clip pour le groupe. Avec le temps, le projet a pris une toute autre ampleur : le réalisateur a fait des titres qui n’ont pas pu figurer sur Sleep Well Beast le point de départ d’un court métrage.


Dans ce film, également intitulé I Am Easy to Find, l’actrice oscarisée Alicia Vikander incarne une femme dont on ne connaîtra jamais le nom. De sa naissance jusqu’à sa mort, sa vie est racontée dans un enchaînement de saynètes sous-titrées et filmées dans un noir et blanc aux nuances prononcées, le tout accompagné par les titres poignants de The National. À leur tour, ces sous-titres ont inspiré de nouvelles chansons et encouragé le groupe à passer directement de la tournée à l’enregistrement d’un nouvel album plutôt que d’aller se dorer au soleil. « Nous avons jeté toute notre inspiration en termes d’arrangements, de paroles et d’émotions dans une même marmite », explique Berninger. « On savait qu’il y allait avoir un film de 25 minutes et un album, mais sans que l’un ne puisse épauler l’autre. »


Alors que le film dresse essentiellement le panorama d’une existence, l’album est quant à lui le plus personnel et le plus accessible de The National. Ne vous fiez pas aux photos de presse où l’on voit cinq musiciens : si le groupe est devenu de plus en plus collaboratif et tentaculaire au cours de ses 20 ans de carrière, jamais The National n’avait nourri son univers cinématographique d’autant d’influences. Si Berninger en reste le chanteur attitré et le pilier, il n’est jamais seul interprète sur ces 16 titres, dont il laisse les moments les plus intenses à un éventail de voix féminines allant de Gail Ann Dorsey (qui a fait partie du groupe de David Bowie) à Sharon Van Etten en passant par Kate Stables de This Is the Kit, Lisa Hannigan, Mina Tindle, ou encore le Brooklyn Youth Chorus. L’épouse de Matt Berninger, Carin Besser, qui écrit pour The National depuis des années, s’est particulièrement impliquée sur cet album. Mills lui-même est à la production, assemblant, sous l’œil bienveillant du groupe, des bouts de chansons pour en faire une mosaïque suivant les besoins du film, et ce bien qu’il n’ait aucune expérience en la matière.


Malgré la segmentation des rôles, on retrouve l’essence de The National, comme en attestent les rythmes bondissants, l’opulence orchestrale et les mélodies euphoriques, chatoyantes, explosives ou élégiaques. Cet album est également une réflexion sur l’identité, le fait d’être tour à tour présent, en colère et égaré à une époque si tumultueuse, le tout porté par un patchwork foisonnant de voix et d’inspirations. « On renverse les vieux paradigmes et les vieilles habitudes », observe Berninger. « Les femmes n’en peuvent plus de voir comment on les représente, de la manière dont on parle d’elles. Les enfants se révoltent contre les cases dans lesquelles on les enferme. C’est extraordinaire. Je suis resté bien sagement dans ma case jusqu’à mes trente ans. »


L’album est une longue berceuse lancinante, une ambiance qu’on retrouve tout particulièrement sur la chanson-titre, « Hairpin Turns », ou sur « Light Years », ainsi que sur « Not in Kansas », un hymne de sept minutes à la logorrhée vaporeuse. Ce côté solennel donne aux moments plus cadencés un sentiment d’urgence, comme c’est le cas sur « Where Is Her Head », « Rylan » (délibérément non genré) ou le morceau d’ouverture, le palpitant « You Had Your Soul with You ».


Ce casting élargi peut paraître déstabilisant de prime abord, mais ce flou n’est pas là par hasard : c’est une façon de rendre la musique et la vision du groupe plus universelles, en invitant d’autres musiciens et un réalisateur de cinéma. « On a mis en bouteille ce chaos brumeux, ce qui permet de prendre ses distances et de l’apprivoiser à travers le regard d’autres artistes », résume Berninger. « Il y a d’autres personnes au cœur du chaos avec moi, qui apportent leur part de lumière. Je ne suis pas tout seul. »

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