14 Morceaux, 57 minutes

NOTES DES ÉDITEURS

Le mot « destruction » ne semble pas coller à la musique de l’auteur-compositeur-interprète irlandais Hozier. Pourtant, en faisant le bilan de son deuxième album pour Apple Music, l’artiste admet qu’on y trouve « une certaine idée de déluge, de combustion, ou d’anéantissement ». Ne craignez rien : Wasteland, Baby! n’est pas un album sombre, même si certaines chansons exhalent un parfum de fin du monde. Se posant sur de sobres mélodies rock teintées de folk, de blues et de soul, le cynisme de Hozier demeure subtil, empreint de douceur et d’ironie. L’artiste met cet équilibre en perspective en décrivant chaque pièce de sa nouvelle offrande.


« Nina Cried Power » (feat. Mavis Staples)
« Les artistes que je mentionne [Nina Simone, James Brown, Joni Mitchell, Woody Guthrie] ont réussi à saisir le “zeitgeist” de leur temps en écrivant sur leur époque et leurs expériences de vie. C’est un héritage inestimable et mon intention était de les remercier. Je voulais composer quelque chose qui répondait à cet esprit d’activisme en musique. Mavis Staples est une artiste qui incarne véritablement ce concept. »


« Almost (Sweet Music) »
« Je pense qu’on peut en quelque sorte la résumer avec cette phrase : “I’m almost me again, she’s almost you”. Le refrain porte sur l’écoute de grandes chansons. Je me moque de moi-même dans le titre, car la pièce fait référence à une myriade de chansons magnifiques, et il me semblait approprié de souligner que la mienne est “presque” belle. »


« Movement »
« J’aime vraiment les trucs dans le genre de LCD Soundsystem et l’idée de la danse en tant que forme d’expression humaine. C’est une appréciation à distance, car vous ne me verrez pas dans une discothèque. Plutôt que de créer une pièce dance, j’ai écrit une chanson du point de vue d’une personne regardant son amoureux danser. Je voulais interroger le mouvement en jouant avec le langage et en comparant les protagonistes à quelque chose de grandiose. Il y a des références à Jonas et la baleine, une personne à l’intérieur d’une chose immense et en mouvement. »


« No Plan »
« Je suis tombé sur un documentaire portant sur la mort thermique de l’Univers, où toutes les étoiles se désintègrent. Au fur et à mesure que les choses s’éloignent les unes des autres, elles deviennent de plus en plus froides, au point où il ne restera ni chaleur ni lumière. Cette chanson dit : “Peu importe vos problèmes ou vos névroses, n’y faites plus attention. Les ténèbres reviendront.” »


« Nobody »
« C’est à propos des limites de l’amour entre personnes imparfaites. Il suffit de se rendre compte des imperfections de l’autre et dire : “Voici ce que nous avons de meilleur en ce moment.” C’est la pièce que j’ai écrite qui se rapproche le plus d’une chanson pour prendre la route. »


« To Noise Making (Sing) »
« J’essayais de comprendre ce que le fait de chanter peut engendrer. Dans les paroles, ça dit : “You don’t have to sing it right/But who could call you wrong/To put your emptiness to melody/Your awful heart to song”. Après tout, si ça vous procure un peu de réconfort, ça reste un acte digne d’intérêt. Cette chanson est inspirée d’un très beau poème de Seamus Heaney intitulé “At the Wellhead”. »


« As It Was »
« Cette chanson renvoie aux routes parcourues dans “Nobody”. Un sentiment d’appréhension flotte tout au long de cette pièce, abordant le besoin de rassurer une personne qui vous est chère à votre retour. Malgré toutes les merveilleuses expériences vécues au cours du périple, se retrouver auprès d’elle comme autrefois est tout aussi merveilleux. »


« Shrike »
« J’ai un penchant pour le folk irlandais, et j’écris probablement plus de chansons folk que je finirai par en lancer. Je suis fasciné par l’image de la pie-grièche, et par la relation que cet oiseau entretient avec le buisson épineux, où il vit et dont il dépend.
»


« Talk »
« On ne peut pas se fier au narrateur dans cette pièce. Le couplet exprime de façon ambitieuse l’idée d’un amour parfait et véritable, mais dans le refrain, il admet qu’il ne s’agit que d’illusions afin de cacher ses réelles intentions. La chanson parle d’une sorte d’amour mythique, mais finalement, ce ne sont que des mots. »


« Be »
« C’est en quelque sorte ma façon de transposer l’imaginaire de Leonard Cohen. C’est voir l’amour comme un acte de plus en plus radical et transgressif.»


« Dinner & Diatribes »
« C’est quelqu’un qui dit : “Je m’emmerde, il faut que je sacre mon camp d’ici.” Se soumettre à une obligation sociale oppressante, côtoyer la haute société, être au cœur d’un désert culturel et avoir ce désir de retourner chez soi pour faire quelque chose de plus intéressant. »


« Would That I »
« Ça parle de quelqu’un décrivant ses amours passés et les personnes qui lui sont chères tels des arbres sous lesquels il a trouvé refuge. La chanson compare la jalousie d’un amant à un feu ardent pouvant dévaster une forêt : “In awe there I stood as you licked off the grain/Though I’ve handled the wood, I still worship the flame”. Il y a un jeu de mots étrangement élaboré dans le titre de la chanson : le mot “would” [aurait] est un homonyme qui renvoie à “wood” [bois], le bois étant une métaphore présente tout au long de la chanson. »

« Sunlight »
« Si la pièce “No Plan” est fondamentalement pessimiste –les ténèbres reviendront, tout gèlera et disparaîtra –, “Sunlight” est plutôt dans l’esprit “tu es mon rayon de soleil”. L’une ne peut exister sans l’autre. »


« Wasteland, Baby! »
« C’est une chanson d’amour pour la fin du monde. Même si beaucoup de pièces jouent avec des métaphores assez dramatiques, j’ai voulu décrire mes angoisses de façon littérale, puis transposer le tout sur une mélodie accrocheuse afin de créer un contraste un peu absurde. Je pense que “Wasteland, Baby!”, c’est une façon d’imaginer les choses si nos efforts échouent et que tout s’écroule. »

NOTES DES ÉDITEURS

Le mot « destruction » ne semble pas coller à la musique de l’auteur-compositeur-interprète irlandais Hozier. Pourtant, en faisant le bilan de son deuxième album pour Apple Music, l’artiste admet qu’on y trouve « une certaine idée de déluge, de combustion, ou d’anéantissement ». Ne craignez rien : Wasteland, Baby! n’est pas un album sombre, même si certaines chansons exhalent un parfum de fin du monde. Se posant sur de sobres mélodies rock teintées de folk, de blues et de soul, le cynisme de Hozier demeure subtil, empreint de douceur et d’ironie. L’artiste met cet équilibre en perspective en décrivant chaque pièce de sa nouvelle offrande.


« Nina Cried Power » (feat. Mavis Staples)
« Les artistes que je mentionne [Nina Simone, James Brown, Joni Mitchell, Woody Guthrie] ont réussi à saisir le “zeitgeist” de leur temps en écrivant sur leur époque et leurs expériences de vie. C’est un héritage inestimable et mon intention était de les remercier. Je voulais composer quelque chose qui répondait à cet esprit d’activisme en musique. Mavis Staples est une artiste qui incarne véritablement ce concept. »


« Almost (Sweet Music) »
« Je pense qu’on peut en quelque sorte la résumer avec cette phrase : “I’m almost me again, she’s almost you”. Le refrain porte sur l’écoute de grandes chansons. Je me moque de moi-même dans le titre, car la pièce fait référence à une myriade de chansons magnifiques, et il me semblait approprié de souligner que la mienne est “presque” belle. »


« Movement »
« J’aime vraiment les trucs dans le genre de LCD Soundsystem et l’idée de la danse en tant que forme d’expression humaine. C’est une appréciation à distance, car vous ne me verrez pas dans une discothèque. Plutôt que de créer une pièce dance, j’ai écrit une chanson du point de vue d’une personne regardant son amoureux danser. Je voulais interroger le mouvement en jouant avec le langage et en comparant les protagonistes à quelque chose de grandiose. Il y a des références à Jonas et la baleine, une personne à l’intérieur d’une chose immense et en mouvement. »


« No Plan »
« Je suis tombé sur un documentaire portant sur la mort thermique de l’Univers, où toutes les étoiles se désintègrent. Au fur et à mesure que les choses s’éloignent les unes des autres, elles deviennent de plus en plus froides, au point où il ne restera ni chaleur ni lumière. Cette chanson dit : “Peu importe vos problèmes ou vos névroses, n’y faites plus attention. Les ténèbres reviendront.” »


« Nobody »
« C’est à propos des limites de l’amour entre personnes imparfaites. Il suffit de se rendre compte des imperfections de l’autre et dire : “Voici ce que nous avons de meilleur en ce moment.” C’est la pièce que j’ai écrite qui se rapproche le plus d’une chanson pour prendre la route. »


« To Noise Making (Sing) »
« J’essayais de comprendre ce que le fait de chanter peut engendrer. Dans les paroles, ça dit : “You don’t have to sing it right/But who could call you wrong/To put your emptiness to melody/Your awful heart to song”. Après tout, si ça vous procure un peu de réconfort, ça reste un acte digne d’intérêt. Cette chanson est inspirée d’un très beau poème de Seamus Heaney intitulé “At the Wellhead”. »


« As It Was »
« Cette chanson renvoie aux routes parcourues dans “Nobody”. Un sentiment d’appréhension flotte tout au long de cette pièce, abordant le besoin de rassurer une personne qui vous est chère à votre retour. Malgré toutes les merveilleuses expériences vécues au cours du périple, se retrouver auprès d’elle comme autrefois est tout aussi merveilleux. »


« Shrike »
« J’ai un penchant pour le folk irlandais, et j’écris probablement plus de chansons folk que je finirai par en lancer. Je suis fasciné par l’image de la pie-grièche, et par la relation que cet oiseau entretient avec le buisson épineux, où il vit et dont il dépend.
»


« Talk »
« On ne peut pas se fier au narrateur dans cette pièce. Le couplet exprime de façon ambitieuse l’idée d’un amour parfait et véritable, mais dans le refrain, il admet qu’il ne s’agit que d’illusions afin de cacher ses réelles intentions. La chanson parle d’une sorte d’amour mythique, mais finalement, ce ne sont que des mots. »


« Be »
« C’est en quelque sorte ma façon de transposer l’imaginaire de Leonard Cohen. C’est voir l’amour comme un acte de plus en plus radical et transgressif.»


« Dinner & Diatribes »
« C’est quelqu’un qui dit : “Je m’emmerde, il faut que je sacre mon camp d’ici.” Se soumettre à une obligation sociale oppressante, côtoyer la haute société, être au cœur d’un désert culturel et avoir ce désir de retourner chez soi pour faire quelque chose de plus intéressant. »


« Would That I »
« Ça parle de quelqu’un décrivant ses amours passés et les personnes qui lui sont chères tels des arbres sous lesquels il a trouvé refuge. La chanson compare la jalousie d’un amant à un feu ardent pouvant dévaster une forêt : “In awe there I stood as you licked off the grain/Though I’ve handled the wood, I still worship the flame”. Il y a un jeu de mots étrangement élaboré dans le titre de la chanson : le mot “would” [aurait] est un homonyme qui renvoie à “wood” [bois], le bois étant une métaphore présente tout au long de la chanson. »

« Sunlight »
« Si la pièce “No Plan” est fondamentalement pessimiste –les ténèbres reviendront, tout gèlera et disparaîtra –, “Sunlight” est plutôt dans l’esprit “tu es mon rayon de soleil”. L’une ne peut exister sans l’autre. »


« Wasteland, Baby! »
« C’est une chanson d’amour pour la fin du monde. Même si beaucoup de pièces jouent avec des métaphores assez dramatiques, j’ai voulu décrire mes angoisses de façon littérale, puis transposer le tout sur une mélodie accrocheuse afin de créer un contraste un peu absurde. Je pense que “Wasteland, Baby!”, c’est une façon d’imaginer les choses si nos efforts échouent et que tout s’écroule. »

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