

Une écriture sincère et intemporelle, une voix digne d’Adele et une maturité étonnante caractérisent le premier album de l’autrice-compositrice-interprète londonienne. « Cet album parle de ma peur d’un amour qui ne dure pas », confie SIENNA SPIRO à Apple Music. « Je voulais m’en tenir à 10 morceaux, et que chacun d’eux parle de ce sentiment d’être seulement de passage dans la vie de l’autre. » Sur Visitor, SIENNA SPIRO parle pêle-mêle de cette impression d’être invitée dans la vie de l’autre, de ne pas avoir droit à l’amour, de ne plus savoir qui l’on est (« Pure »), des relations avec une grande différence d’âge (« He’s Not My Baby, I’m His ») et, enfin, d’accepter que certaines choses peuvent être belles, même si elles ne dureront pas toute la vie (le titre aux accents jazz « Mono No Aware »). Comme le résume la chanteuse, cet album a pour thème « la fragilité des relations amoureuses, mais aussi de notre propre identité ». Et SIENNA SPIRO n’en est pas à son coup d’essai avec Visitor, puis qu’elle a déjà connu le succès en 2025 avec « Die on This Hill », fait la première partie de Sam Smith et Teddy Swims, et signé une chanson sur la bande originale de Le Diable s’habille en Prada 2. Elle signe là un album aux morceaux habités et rétro, portés par une voix envoûtante, une écriture d’une sincérité désarmante et des mélodies terriblement émouvantes. « Quand j’étais plus jeune, je ressentais une grande tristesse que je n’arrivais pas à expliquer », raconte SIENNA SPIRO. « Écrire, c’était ma façon de me libérer de ce que je ressentais. Et je trouve qu’on sous-estime beaucoup le rôle de la mélodie dans l’écriture, parce qu’elle permet d’exprimer des choses qu’on ne peut pas mettre en mots. Le chant, c’est très cathartique, très thérapeutique. » Poursuivez votre lecture pour découvrir le décryptage de quelques-uns des titres phares de ce premier album, par SIENNA SPIRO elle-même. « Great Expectation » « J’ai vécu à New York pendant un peu plus d’un mois, quand j’ai fait la première partie de Sam [Smith] en octobre [2025], et à ce moment-là, je parlais avec un homme beaucoup plus âgé que moi. Au final, ce n’était pas quelqu’un de bien. Il me promettait tout le temps : “Je vais venir te voir, ça va être génial”. Et moi, il suffit qu’on me donne un tout petit peu d’espoir pour que je commence à me faire des films terribles. J’étais complètement accro à lui. Je descendais les escaliers en m’imaginant qu’il m’attendait dehors et, pendant la moitié du trajet, je me faisais tout un film sur ce qui se passerait s’il était vraiment là. C’était un délire total, et quand je revenais à moi je me disais : “Je me sens bizarre. Pourquoi je fais ça ?” Cette chanson parle de cette histoire, mais elle peut aussi s’appliquer au monde dans lequel on vit et à notre tendance à espérer que les personnes à qui l’on donne du pouvoir (dans notre tête ou dans le monde réel) en feront quelque chose de bien. Et ce n’est pas toujours le cas. » « Die on This Hill » « C’est une chanson qui parle de passion, d’obstination et de se montrer toujours présente pour les autres. Ce n’est pas juste une question d’amour romantique. Des gens s’y identifient car elle leur fait penser à un parent absent ou à une amitié. « Die on this hill »(défendre ses convictions jusqu’au bout) est une expression que j’ai entendue toute ma vie, et j’ai toujours voulu l’utiliser dans une de mes chansons. J’essayais de jouer “ Bohemian Rhapsody “ et comme je n’y arrivais pas, ça a donné ce morceau. Au final, c’est une erreur qui a bien tourné. C’est une chanson qui compte beaucoup pour moi. On m’a toujours rabaissée parce que j’étais très bruyante, têtue et que je m’accrochais à ce en quoi je croyais. » « The Visitor » « J’ai commencé à me définir comme une “visiteuse” et je me suis vraiment reconnue dans ce mot. Je savais que mon projet s’appellerait Visitor et qu’il lui fallait une chanson du même nom. Je l’ai réécrite au moins neuf fois parce que je voulais qu’elle soit parfaite et n’oublier aucun thème important. C’est un peu la thèse de l’album. Elle résume ce que ça fait de se sentir comme une visiteuse : on sait qu’on est juste de passage. Et c’est une sensation horrible. » « Mono No Aware » « Pour moi, c’est tout simplement la meilleure chanson que j’aie jamais écrite. Au niveau musical, c’est mon premier vrai morceau de jazz. J’ai grandi en chantant et en écoutant du jazz, et je trouve qu’il est très difficile de faire un morceau de jazz classique sans que ça fasse vu et revu. “Mono no aware” est une expression japonaise qui désigne la douce tristesse que l’on ressent quand on sait que toutes les belles choses sont éphémères, et l’idée qu’on devrait les aimer encore plus fort justement parce qu’elles ne dureront pas. En grandissant, j’avais peur de m’engager dans des histoires dont je savais qu’elles se termineraient un jour, du coup, j’y mettais fin moi-même. Cette expression m’a aidée à voir les choses autrement. J’ai appris à laisser les choses suivre leur cours et à apprécier l’importance de toutes mes expériences, sans chercher à tout prix à la faire durer. Je suis contente d’avoir réussi à écrire cette chanson, elle compte beaucoup pour moi. »