My Reckless Abandon

My Reckless Abandon

Un premier album où l’autrice-compositrice-interprète sublime l’art de la confession bedroom pop. Bella Kay n’a jamais eu peur de dire les choses telles qu’elles sont, quitte à s’exposer dans toute sa vulnérabilité. Sur « The Sick », son single qui explosé sur les réseaux sociaux en 2025, l’autrice-compositrice-interprète prenait la guitare pour confronter un ex aux prises avec de graves problèmes psychologiques et de toxicomanie (« Tu as eu tort de me faire ça/Mais j’étais tordue d’aimer ça »). Avec « iloveitiloveitiloveit », Bella Kay allait encore plus loin dans les confessions à cœur ouvert, conquérant un public toujours plus nombreux et enthousiaste : : « J’aime qu’on m’utilise. Ça me donne un but. ». Les histoires d’amour sont rarement aussi simples qu’elles en ont l’air, et c’est précisément ces aspects les moins glorieux qui fascinent la chanteuse : les excuses qu’on s’invente pour rester avec quelqu’un qui ne nous aime pas, les fantasmes qu’on n’ose pas avouer, ou cette façon troublante dont la douleur et le plaisir finissent par se confondre. My Reckless Abandon, son premier album, est comme un journal intime laissé grand ouvert, attendant d’être lu, où Bella Kay affine encore sa créativité. Deux faces d’une même pièce, « Blur » invite à franchir la frontière entre amitié et amour, tandis que « Promise? » s’attarde sur la mélancolie d’un amour à sens unique. Sur « swu », elle exprime ouvertement ses désirs (le morceau s’ouvre sans détour sur « Je veux coucher avec toi») avant de laisser place à la nervosité qui accompagne le moment où le fantasme risque de devenir réalité. Mais les 13 morceaux de l’album marquent aussi une évolution pour la chanteuse Pour la première fois, elle semble prête à tourner la page et à quitter les amants qui ne lui conviennent plus, comme en atteste son dernier titre, « i deserve better ». Elle y affirme haut et fort qu’elle ne se laissera plus embarquer dans les situations toxiques décrites tout au long du disque (« J’adore rme flageller/C’est ma faute si tout part en vrille/Mais cette fois, je pense que ce n’est pas le cas »). Avec My Reckless Abandon, Bella Kay montre qu’on peut plonger tête la première dans ses émotions sans perdre de vue ce qu’elles nous apprennent. Mieux vaut avoir aimé, perdu, tout couché sur le papier et chanté à tue-tête que de n’avoir jamais eu le courage d’essayer.