

L’artiste auparavant connu sous le nom de Machine Gun Kelly a annoncé son septième album par une bande-annonce narrée par… Bob Dylan?! « lost americana est une exploration personnelle du rêve américain, un voyage pour retrouver ce qui a été perdu », lance la légende de 84 ans avec sa voix traînante, sur des images de mgk fumant, enfourchant sa moto et arpentant l’artère principale de Las Vegas. « Cet album est une lettre d’amour aux personnes en quête de l’essentiel : les rêveuses et les rêveurs, les nomades, les rebelles. C’est une carte sonore de lieux oubliés, un hommage à l’esprit de la réinvention et une quête pour retrouver l’essence authentique de la liberté américaine. » Certaines personnes se sont demandé si c’était de l’intelligence artificielle, mais non. Bob est simplement un admirateur. (Il avait d’ailleurs publié sans explication, plus tôt cette année, un extrait d’un spectacle de mgk donné en 2016, sur Instagram.) À 35 ans, mgk comprend bien l’art de se réinventer. Il est passé du rappeur de Cleveland distribuant ses mixtapes dans les centres commerciaux à la figure de proue du renouveau pop punk. Si Tickets to My Downfall (2020) et Mainstream Sellout (2022) canalisait son angoisse persistante dans des riffs à la blink-182, lost americana le voit jouer les James Dean : filer à plus de 200 km/h sur une route déserte à deux voies, cigarette roulée à la main, sans destination précise. « Take me somewhere cheap / Where the livin’ is easy / Out of all their reach / Set my spirit free » [librement : Emmène-moi quelque part où la vie ne coûte rien / où elle est facile / hors de leur portée / libère mon esprit], chante-t-il sur « outlaw overture », une pièce qui rappelle Springsteen. Et sur la pièce « cliché », il invite la personne qui partage sa vie à quitter leur petite ville sans éclat pour se marier à Las Vegas. Il emprunte aux Strokes sur « sweet coraline » et intègre des éléments de « Semi-Charmed Life » de Third Eye Blind dans « starman », mais revient à ses racines hip-hop sur des pièces comme « indigo » et « treading water », où il partage le récit de son long chemin vers la rédemption après une année difficile.